Hypersensibilité et intelligences atypiques Slowlife et bien-être

Je n’arrive pas à m’adapter

Nouvelle année, nouvelles questions, nouvelles problématiques : la reprise d’études exigeantes et à plein temps représente pour moi un vrai challenge. Je commence peut-être à cerner pourquoi cela est au point de mettre ma santé mentale en danger.

Bien sûr, je n’ai pas eu le temps de décrire en détail comment je me suis sentie et comment j’ai vécu ces expériences au cours des derniers mois, mais je ferai sûrement une vidéo à ce sujet. C’était dur pour moi d’aborder ce sujet sur ma chaîne car j’ai toujours du mal à me dévoiler dans ma vulnérabilité, car depuis que j’ai « vaincu » la grave dépression que j’ai connu à l’adolescence, je m’oblige à rester forte et à ne jamais fléchir, mais ça ne fait parfois qu’empirer les choses. Heureusement, l’envie de progresser et de partager ensuite mes leçons de vie avec vous me donne une force précieuse et m’aide à accepter mes faiblesses, pour mieux me relever ensuite, et continuer à avancer, à apprendre. J’espère que cette vidéo t’intéressera, je compte aborder plus en détails les sujets de la surdouance, des intelligences atypiques et de l’hypersensibilité à l’avenir, mais en attendant, je t’invite à jeter un oeil aux ressources que je donne en barre d’info. Je posterai très bientôt ma vidéo sur la Slowlife et le lien entre ce sujet et l’hypersensibilité/surdouance etc.

En attendant, je vais ici t’en dire un peu plus sur les difficultés que j’ai rencontré, notamment concernant la fatigue chronique.

Voici la liste non exhaustive des craintes qui m’ont retenue de poster cette vidéo :
ça donne l’impression que je veux à tout prix mettre les gens dans des cases ?
ça donne l’impression que je cherche juste mon identité, ou pire, que j’essaie de trouver des excuses légitimant mes faiblesses/échecs ?
ça donne l’impression que je m’autodiagnostique, alors qu’il n’y a rien de plus complexe que ce genre de diagnostic ?
je parle de ce sujet alors que je ne m’y connais que très peu, et que ça ne me concerne peut-être même pas ?
si je ne le suis pas, cette vidéo n’a plus aucun sens ?
etc
Ce qui est amusant, c’est de voir que les craintes que j’attribue au regard des gens, c’est à dire à l’accueil de mes vidéos, ne trahit en réalité que les propres craintes que j’ai moi-même vis-à-vis de ce sujet. Encore une fois : l’illégitimité. Quand j’ai tourné cette vidéo, je venais juste d’écouter l’émission France Inter sur les autistes et cela m’a donné confiance car ça a vraiment confirmé mes doutes. Mais depuis, j’ai recommencé à douter autant qu’avant – voire même plus, dans la mesure où j’étais sur le point d’en parler publiquement.
Mais dans le fond, que je sois autiste ou « juste » surdouée, ces questionnements et doutes font partie de moi et de mon cheminement, donc pourquoi devrais-je avoir honte de les partager ?

La question que vous vous poserez peut-être est la suivante : pourquoi ai-je besoin de savoir ceci, et qu’est-ce que ce diagnostic pourrait changer ?
Comme je l’ai dit dans la vidéo, c’est important pour moi car ce sont des sujets dont je tiens beaucoup à parler sur ma chaîne. Mais ce n’est pas la seule raison.
À vrai dire, j’ai passé ma vie à chercher ce qui n’allait pas chez moi. JAMAIS je n’ai pu admettre que je pouvais être « normale », et pourtant je faisais TOUT pour essayer de l’être – ou le paraître – autant que possible. Je suis constamment épuisée, penser m’épuise, je m’endors épuisée, je me réveille épuisée. J’ai toujours eu l’impression d’être plus faible que les autres à cause de cette fatigue chronique. Et pourtant, certaines situations – bien que rares – la faisaient disparaître : le contact de la nature, le sport, et toutes les choses qui me connectaient purement et simplement au présent et mettaient un peu mes pensées en mode OFF. La sur-stimulation la faisait disparaître également, mais avait au contraire un contrecoup énorme qui me menait parfois au burn-out.

La réalité, c’est que si j’en faisais trop, c’est parce que dès que je m’arrêtais, cette fatigue m’envahissait, me dévorait. C’est pour ça que j’ai déjà fait au moins 3 burn-outs à seulement 21 ans.

Il y a une chose dont j’ai presque honte, mais je me suis souvent surprise à penser que je préfèrerai ne plus vivre pour enfin cesser d’être épuisée. C’est grave, c’est flippant, mais je ne suis pas suicidaire pour autant. Je ne veux pas mourir. J’aime profondément la vie. Mais dans mes plus gros moments de flottement, cette pensée me traverse l’esprit, même si je l’ignore et la laisse passer, en attendant que ça aille mieux. Alors, une fatigue qui fait perdre parfois l’envie même de vivre, même si ce n’est qu’un instant puisque je chasse ces pensées, je pense pouvoir affirmer légitimement que c’est anormal. Et cela dure depuis aussi loin que je puisse me souvenir.

Alors oui, c’est vrai, je cours après un diagnostic. Je cherche, depuis des années, ce qui ne tourne pas rond chez moi. À 15 ans, j’étais persuadée d’être bipolaire. À 17 ans, je passais des examens pour vérifier que je ne souffrais pas d’une maladie neurologique. À 19 ans, j’ai décidé d’arrêter toute forme de contraception, pensant que ça venait peut-être des hormones. À 20 ans, j’ai passé des examens pour savoir si je n’avais pas un trouble hormonal, l’hypothyroïdie, comme ma mère.
À chaque fois, tout allait très bien, je n’étais pas malade, heureusement, mais je restais sans réponse. J’avais beau savoir que la surdouance causait plus de fatigue que chez la moyenne, ce n’était pas un HANDICAP, or je me sentais réellement handicapée. Ce n’est pas normal d’avoir l’impression de ne pas avoir la force de vivre ma vie, alors que j’ai à peine la vingtaine et que je suis en bonne santé. Une partie de moi-même n’acceptait pas que TOUT puisse venir de là. Alors, je me suis dit, c’est peut-être un mélange entre la surdouance, l’anxiété sociale, l’hypersensibilité… Mais ces réponses ne m’ont jamais satisfaite.

Et dernièrement, quand j’ai à nouveau frôlé l’épuisement et la dépression juste parce que je faisais un stage à mi-temps, je me suis définitement convaincue qu’il y avait autre chose. Oui, j’ai besoin d’une réponse. J’aimerais être suivie, aidée, accompagnée, j’aimerais trouver des solutions pour ne plus avoir l’impression de vivre comme une funambule. J’aimerais comprendre pourquoi il n’y a que dans la solitude absolue, loin des villes, que je me sens vraiment épanouie.

Je reste forte, je serai toujours une battante, j’ai de quoi être fière de mon parcours et de toujours me relever. Mais je dois être lucide vis-à-vis de mes limites, pour ne pas me laisser dévorer par celles-ci. Un jour, j’arriverai à trouver des solutions, je deviendrais encore plus forte, et ce jour-là, je donnerai toutes cette force à aider les personnes qui rencontrent ce genre de difficulté. Si je devais n’avoir qu’un seul but dans la vie, ce serait peut-être celui-ci.

Je te dis à bientôt, et te souhaite encore une très belle année 2019.

P.S. : Ne t’inquiète pas, si j’ai la force de faire cette vidéo et écrire cet article, c’est parce que je vais déjà beaucoup mieux et que j’ai pris du recul. Je reste prudente, mais je suis confiante pour la suite car je sais désormais quelles situations sont risquées pour moi et mon équilibre.

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