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Trouble de l’humeur ou hypersensibilité ?

Pour ceux qui se demandent pourquoi j’associe toujours hypersensibilité, surdouance et autisme Asperger, c’est parce que les trois ont énormément de points communs, mais je ferai une vidéo pour expliquer ce lien plus en détail.

DISCLAIMER

Cette vidéo n’a PAS pour BUT de contester les diagnostics qu’un médecin aurait pu vous donner, surtout n’arrêtez pas de traitements sur un coup de tête car ça peut être très dangereux. Je vous parle de MON expérience, je veux avant tout mettre en garde contre les auto-diagnostics ET prévenir que les erreurs de diagnostic médical existent, mais si vous êtes diagnostiqué d’un trouble de l’humeur ce n’est pas du tout à prendre à la légère et cette vidéo ne vise pas du tout à dédramatiser la maladie ou à vous faire douter de votre diagnostic. Je sais que c’est un sujet un peu « touchy » parce que je veux partager le fait que j’ai eu un diagnostic incorrect (et que les psychiatres n’ont même pas ne serait-ce qu’effleuré l’hypothèse d’Asperger, alors que la pédopsychiatre amie de ma famille qui me connait depuis petite est persuadée que j’ai ce syndrome, et moi aussi à présent). La maladie bipolaire est une maladie très grave mais comme toute maladie il existe des cas plus légers que d’autres, et je pense que le sujet ne concerne pas vraiment les cas graves de cette maladie. (cela dit, vu le taux de suicide chez les personnes HPI/autistes , je pense qu’aucun des deux ne doit être pris à la légère)

Les troubles de l'humeur, quésako ?

Les troubles de l'humeur sont un ensemble de diagnostics regroupant entre autre le trouble bipolaire, mais également la dépression.

En quoi suis-je légitime pour aborder le sujet ?

Comme vous le savez, je ne suis pas médecin, ni journaliste - sinon je serai obligée de citer une source pour chaque information que j'avance. Mais je suis "juste" blogueuse et youtubeuse (pour le moment) et c'est par faute de temps — car cela ne me nourrit pas, et je dois étudier et travailler en parallèle — que je ne peux pas effectuer un vrai travail journalistique, à savoir rechercher des sources précises et les mentionner systématiquement. Mais lorsque j'aurais plus de temps, je compte bien avoir cette démarche.

En revanche, je peux toujours partager mes expériences personnelles, mes observations, ce que j'ai appris de mes interminables heures de recherches sur le web accumulées, ou de mes diverses lectures. Ce sont des connaissances que j'ai emmagasinées au fil des années, et non des recherches faites à l'occasion d'un article ou d'une vidéo (sinon je ne posterai sûrement qu'une vidéo tous les trois mois...), ce qui explique qu'il m'est difficile de lister mes sources pour chaque information que j'avance. Néanmoins, j'ai quand même listé un certain nombre d'articles, notamment en bas de cette page, en lien avec mes propos.

Adolescente, j'étais PASSIONNÉE par la psychiatrie. Ma curiosité insatiable me donnait envie de comprendre TOUT ce qui m'entourait, donc comme je passais ma vie dans le milieu psy, il en a longtemps été l'objet. Je passais mon temps à lire plein de choses sur les maladies mentales et leurs symptômes, leur origine, etc.
Pour tout vous dire : mon père était médecin et avait donc le Vidal, le "dictionnaire" qui recense TOUTES les notices de médicaments en circulation sur le marché pharmaceutique. Comme il est renouvelé chaque année, les médecins s'en débarrassent régulièrement et j'avais pu en récupérer un exemplaire : et comme certains se passionnent pour les dictionnaires ou les annuaires, moi, j'avais mon Vidal à côté de mon lit, et je recherchais avant tout les traitements de maladies psychiatriques pour ensuite faire plein de recherches sur Internet pour mieux comprendre le vocabulaire que j'ingurgitais.

À défaut d'être médecin, je pense quand même avoir acquis pas mal de connaissance sur le sujet, ce qui me permet d'en parler. Mais GROS DISCLAIMER : ne prenez PAS ces informations comme des vérités absolues, libre à vous de faire vos propres recherches et de me dire si je suis dans l'erreur — je vous en serai même reconnaissante. Tout ce que j'avance n'est qu'un mélange de mes connaissances personnelles, aussi vagues soient-elles, de mon expérience, et des observations que j'ai tirées de mes échanges avec les autres.

Quel est le lien que j'établis entre ces troubles et l'hypersensibilité ?

Je te l'explique dans cette vidéo :

Pour aller plus loin, j'ai sélectionné et analysé plusieurs symptômes du trouble bipolaire en les comparant avec des effets similaires chez les personnes hypersensibles/autistes/surdouées. Cette liste est sélective et n'est donc pas exhaustive, j'ai simplement sélectionné quelques exemples afin d'approfondir le sujet. En gras, ce sont des symptômes du trouble bipolaire ; en dessous, les équivalences proches que l'on retrouve chez les personnes HP/autistes/hypersensibles. Le but principal est de montrer combien la lecture d'une liste de symptôme peut être biaisée. Je vous invite à vous renseigner sur l'effet Barnum si vous souhaitez en savoir plus.

Hyperactivité :
Tout comme les troubles de l'attention, l'hyperactivité est un trouble que l'on retrouve fréquemment chez les personnes autistes/surdouées/hypersensibles (que je nommerai ensuite IA pour intelligences atypiques).

Un optimisme démesuré avec un grand niveau d'énergie ou être extrêmement irritable :
L'hypersensibilité qui va de paire avec les IA entraîne d'une part une grande sensibilité aux choses positives, car le bonheur et le plaisir (émotionnel et physique) sont ressentis de manière plus intense. De ce fait, les personnes concernées peuvent témoigner parfois d'un joie de vivre — voire d'une béatitude, d'une extase — face à certaines choses de la vie qui peut sembler excessive. L'optimisme en est une conséquence naturelle.

Concernant l'énergie, elle est extrêmement fluctuante chez les hypersensibles car elle dépend énormément de l'environnement, de l'état de santé (un hypersensible est également plus sensible aux perturbations physiologiques), la stimulation, etc. Les personnes concernées peuvent être épuisées par un contact social prolongé ou une après-midi dans une ville bruyante et animée, tout comme ils peuvent sembler inépuisables lorsqu'ils sont face à des tâches qui les stimulent, sont en accord avec leurs valeurs, nourrissent leurs ambitions personnelles ou les inspirent, tout simplement.

Enfin, l'irritabilité : elle est un symptôme de l'hypersensibilité et est une conséquence directe de l'épuisement que peuvent procurer les stimulations sensorielles ou les rapports sociaux.

Penser être capable de faire des choses irréalistes et penser avoir des capacités illimitées :

Cela va, selon moi, de paire avec l'optimisme vu précédemment. Concernant l'aspect irréaliste/illimité, je renvoie à ce que je dis dans ma vidéo concernant les croyances et spiritualités auxquelles sont souvent sensibles les personnes ayant une IA : croire en la loi de l'attraction, à la force de l'intention, etc.
Mais plus généralement, les personnes hypersensibles développent souvent une philosophie de vie qui les aide à vivre avec leur différence, et celle-ci se base généralement sur une positivité à toute épreuve (l'acceptation des échecs, des choses qui ne dépendent pas de notre volonté, etc). Réfléchir ainsi laisse effectivement penser que tout est possible. Il n'y a qu'à observer l'émergence des livres de développement personnel, de pensée positive, spiritualité, ésotérisme, et leur succès auprès des personnes hypersensibles.

Dormir très peu tout en se sentant plein d'énergie :
Ici, je ne me suis pas toujours sentie concernée en tant qu'hypersensible, car j'ai toujours souffert de fatigue chronique. Mais cela dit, j'ai déjà fait plusieurs burn-out, car j'ai eu des périodes où j'étais extrêmement stimulée et productive, je travaillais un nombre considérable d'heures par jour, tout en cumulant avec parfois deux heures de sport... Ou bien lorsque je voyageais, je marchais chaque jour des kilomètres, je randonnais en montagne, enchaînais les transports etc. et effectivement, je ne me souviens pas avoir souffert de fatigue dans ces moments. Mais à chaque fois que je me suis ainsi sentie poussée des ailes dans un contexte qui me stimulait beaucoup, cela s'est soldé par un burn-out dont le symptôme principal était la dépression et l'épuisement.

Parler à un rythme très rapide, à la limite de la compréhension pour les autres :
Mes vidéos en témoignent, même si je fais des efforts, j'ai toujours parlé EXTRÊMEMENT vite. Et je l'ai constaté chez énormément de personnes surdouées. Ce n'est pas systématique, mais c'est très fréquent : je l'ai toujours expliqué en disant que comme nos pensées allaient très vites, il fallait que le débit de parole suive, sinon on se perdait.

Difficultés ou incapacité à se concentrer, passer rapidement d'une idée à une autre :
Une fois de plus, il y a un lien a faire avec les troubles de l'attention qui sont souvent reliés aux IA (ou confondus avec). Quand au fait de passer d'une idée à l'autre, on le retrouve également à cause d'un des principaux facteurs des IA : la prensée en arborescence (je t'invite vivement à faire quelques recherches sur le sujet si tu ne sais pas ce que c'est !).

Troubles du jugement, impulsivité :
J'ai abordé la question de l'impulsivité dans ma vidéo, mais je pense que contrairement au trouble bipolaire, elle ne s'accompagne pas d'un défaut de jugement chez les personnes ayant une IA. Par exemple, je réserve parfois un voyage en pleine nuit sur un coup de tête, quitte à me retrouver à dormir dans une voiture en plein hiver en Islande : ce n'est pas inconsidéré, car j'ai conscience de mon budget et de ce que ça implique, et que je ressens parfois le besoin de vivre des expériences rudes pour réapprécier mon confort quotidien. Derrière ce visible manque de considération, il y a en fait une tonne de réflexions qui se sont faites très rapidement. Beaucoup de psychiatre pathologisent systématiquement ce genre de prise de risque et ne voient pas d'un bon œil le goût de l'aventure lorsqu'il dépasse un peu les codes de la société.

Agir sans réfléchir aux conséquences de ses actes :
Cela peut aller avec l'impulsivité, mais aussi avec le côté très spirituel cité précedemment : par exemple, j'ai tendance à croire si fort en la loi de l'attraction que je m'engage dans des paris risqués car je pars du principe que "tout va toujours très bien". Honnêtement, depuis que j'ai cette philosophie, la vie ne m'a jamais donné tort et je n'ai jamais eu de problème grave à cause d'une action impulsive. Disons que selon moi, la première conséquence des prises de risques, c'est de s'apercevoir qu'il y a souvent plus de solutions que de problème... et d'y prendre goût ! Les personnes avec une IA ont un besoin prononcé de briser la routine et de sortir de leur zone de confort, donc ce comportement est très fréquent, de ce que j'ai pu observer. À l'inverse, les personnes neurotypiques auront davantage un attrait pour la sécurité et le confort.

Désorientation et hallucinations (dans les cas sévères de trouble bipolaire) :
À première vue, je dirai que ce symptôme n'est pas nécessaire à analyser puisqu'il n'est pas systématique, mais... Sans parler d'hallucination, je pense que les personnes aux IA ont plus tendance que le reste de la population à connaître des états de déréalisation — post-traumatique ou non.
Mais ce n'est pas tout : étant plus sujets aussi aux troubles anxieux, eux-mêmes pouvant causer parfois des symptômes psychotiques... comme les hallucinations. (ici encore, c'est du vécu, mais j'ai eu des témoignages me confirmant que je ne suis pas un cas isolé).

Dépression :
Ici, pas besoin de développer : les symptômes de la dépression sont toujours les mêmes, qu'elle soient une maladie isolée ou un symptôme d'un trouble bipolaire. De fait, à ma connaissance, il n'est pas vraiment possible de les différencier à partir de la dépression en elle-même : les médecins se basent plutôt sur sa durée/fréquence/récurrence/etc.

En conclusion

On ne le dira jamais assez : il faut faire attention aux listes de symptômes disponibles sur Internet. Cette petite analyse le prouve : un hypersensible peut se reconnaître dans les symptômes du trouble bipolaire, comme ce fut mon cas lorsque j'étais plus jeune, et je pense que je suis très loin d'être un cas isolé.
Cet article a donc pour but de sensibiliser à ce lien trop peu souvent établi et pourtant en cause de nombreuses erreurs de diagnostic et à inciter les gens à rester vigilant : la frontière entre certains diagnostics radicalement opposés peut être parfois extrêmement ténue, tout particulièrement lorsqu'il s'agit de troubles émotionnels : entre les troubles saisonniers, les troubles de l'humeur, les intelligences atypiques, les problèmes intestinaux , les troubles hormonaux, les burn-out,... identifier l'origine d'un mal-être psychique est d'une extrême complexité. Or la neurologie, la psychiatrie, la gastro-entérologie et l'endocrinologie sont toutes des spécialités qui nécessitent des années d'études et qui sont en perpétuelle évolution, et personne ne peut exercer toutes ces spécialités simultanément... C'est cela qui explique parfois les années d'errance médicales, et non l'incompétence des médecins. Je ne cherche à accuser personne, pas même les psychiatres qui m'ont prescrit des thymorégulateurs. Et même concernant le manque de connaissance des psys sur le sujet des intelligences atypiques : sont-ils responsables du fait que cela ne soit pas (ou pas assez) étudié en médecine ?

Tout cela ouvre sur le vaste sujet de la médecine et de la santé, dont je ne pourrais faire le tour en un seul article... Mais j'en reparlerai très bientôt.

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